Notre différence, notre singularité.

« Un système ne peut fonctionner qu’en acceptant que rien ne soit vraiment figer tout en étant à sa véritable place ».

Dans nos systèmes actuels, il est encore assez compliqué de se « détacher » de l’ensemble.

Pourtant, ce fameux détachement est une volonté réelle et naturelle de l’être humain, qui lui permet de s’affranchir et de prendre justement sa place.

Dans de nombreuses traditions à travers le monde, il peut y avoir des rites ou des cérémonies qui symbolisent cet affranchissement, ce passage à l’âge adulte où l’on est censé prendre sa place, savoir qui on est, et devenir autonome. Notre ancien service militaire pourrait en être un exemple ou une extension d’anciennes traditions.

Actuellement et depuis quelques années déjà, ce besoin fondamental d’exprimer qui nous sommes émerge par de fortes, et parfois violentes, revendications et recherches identitaires. Genre, nationalisme, extrémismes religieux, spiritualité, …C’est un paradoxe, on souhaite se trouver soi en se rattachant à un groupe, une idéologie ou un mouvement.

Le problème actuel est que cette quête « identitaire » qui est le propre d’une vie humaine bien conduite, se fait généralement, dans l’opposition et non dans l’intelligence du cœur.

Marquer sa différence, c’est-à-dire en soi prendre sa place et réussir sa vie, est conditionné dans notre inconscient collectif par des principes qui ont été érigés comme des vérités absolues, auxquelles on s’est comme habitués, et qui maintiennent de vieux schémas sociétaux en place.

En voici quelques-uns, et pas des moindres ;

– Le complexe d’Œdipe, valorisant l’opposition au sexe opposé, voir des positionnements d’inceste comme des valeurs saines et normales de développement de soi. Ces « valeurs » ne font que favoriser un sentiment d’insécurité. 

– L’instinct grégaire, qui quand il n’est pas orienté dans le bon sens devient étouffant au lieu d’être sécurisant et porteur.

– La théorie de l’évolution qui draine la croyance en une sélection naturelle qui se fait dans la concurrence. Etablissant la compétition comme une valeur sûre de réussite. Cette théorie est le creuset de bien des vanités et des conflits. Elle tue tout simplement l’amour universel qui lui engendre la cohésion sociale. Cette théorie de l’évolution qui régit encore beaucoup trop notre quotidien, nous pousse souvent à croire que pour réussir, et être aimé ou choisi, il faut être le ou la meilleur(e)… Le meilleur fils, la meilleure fille, père, mère, la meilleure amie ou ami, le ou la meilleure élève, etc…Cela peut nous suivre toute notre vie.

Nous éloignant de plus en plus les uns des autres, de notre véritable valeur intrinsèque et unique, mais aussi de notre véritable essence commune.

Virginie Piquard

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